PORTRAIT CYFAC – BORIS DEMEURE

2 Avr. 2020

Catégorie : Portraits

CHEF DE PRODUIT ET TECHNICO-COMMERCIAL
Chez Cyfac depuis 2017,

 

Le vélo et toi ?

J’ai commencé le vélo tout petit. J’ai fait beaucoup de BMX vers l’âge de 13 ou 14 ans et j’ai toujours adoré bricoler mes vélos. Plus tard, j’ai acheté mon premier vélo de route quand j’étais étudiant et je me suis mis à rouler davantage. J’ai rejoint un groupe sur Angers et j’ai fait mes premiers 200 km. Petit à petit, j’ai pris goût à la distance et je me suis fixé l’objectif de faire Paris-Brest-Paris. Je l’ai bouclé cette année.

 

 

Ton histoire avant et chez Cyfac ?

J’ai réfléchi assez longtemps aux études supérieures que je souhaitais poursuivre. J’ai essayé plusieurs choses, la géologie, avant de me réorienter vers l’agriculture. J’ai d’abord commencé une première année en école d’ingénieur, et puis j’ai intégré un BTS. Je voulais  “toucher la terre”. J’ai validé mon BTS et j’ai fait une licence pro pour devenir commercial, mais j’ai voulu changer de domaine. J’ai contacté Cyfac dans le cadre de mon apprentissage, et un jour je me suis arrêté à La Fuye. Au culot. J’ai rencontré Aymeric, qui m’a fait passer un entretien et ça l’a fait. Je suis arrivé au moment où Cyfac reprenait de l’ampleur, avec des projets de nouveau ambitieux.

J’ai commencé dans l’entreprise en essayant de repositionner Cyfac vis à vis des détaillants, et parallèlement de développer le marché des particuliers. Aujourd’hui, les particuliers constituent notre plus grosse clientèle en volume et en valeur. Qui dit vélo vendu à un particulier dit vélo monté, généralement avec des options, donc un projet beaucoup plus complexe que lorsqu’on on passe par un détaillant. C’est ce qui a conduit Aymeric à envisager, à côté de Cyfac, la production de vélos de série, faciles à commander en direct comme par les détaillants. J’ai participé à la construction du projet jusqu’au re-lancement de la marque Méral.

Ton rôle dans la production ?

Dans la chaîne, j’interviens au démarrage. Je suis chargé de définir en amont les besoins du client, avec lui, avant de transmettre l’information à Fabien et à Damien. Dans ce cadre, j’ai essayé de structurer la manière d’aborder les clients, de les accompagner sur les projets, d’appréhender les rendez-vous et la relation tout au long du processus de fabrication.

 

 

Ta mission en détail ?

Le premier contact avec un client se fait toujours par téléphone ou par mail, avec comme support le catalogue qui présente les modèles et toutes les options. Le client peut se rendre compte du champ des possibles et de son étendue. Il nous fait part de sa pratique, de ses envies et nous donne une idée de son budget. Ces premiers échanges débouchent généralement sur l’envoi d’un premier devis pour aboutir sur la prise d’un rendez-vous. Sauf cas très particulier de clients experts, la commande d’un vélo sur-mesure exige un rendez-vous, ainsi que la réalisation d’une étude posturale, sans oublier bien sûr la visite de l’atelier.

Avec le client, mon rôle technique consiste à déterminer qui il est, quel cycliste il est, quelles sont ses sensibilités face au produit, et même à adapter ma visite de l’atelier en insistant sur les points qui l’intéressent. S’il s’oriente vers un vélo confortable pour faire de longues distances ou du voyage, je passe plus de temps dans l’atelier acier, sur les finitions, sur les différentes formes de tubes. Je vais lui montrer des produits en cours de fabrication, les lui faire toucher. Au contraire, s’il vient pour un vélo carbone je vais passer assez rapidement sur l’acier, pour me concentrer sur le processus de stratification, sur les tubes utilisés, sur nos finitions. S’il est sensible à l’esthétique, je vais insister sur la peinture et sur les modèles ouvragés.

Après la visite de l’atelier, j’entre avec le client dans le cœur du projet, en établissant une la fiche d’entretien en trois volets. Sur le premier, je fais figurer le modèle “catalogue”, et les options, en fonction de l’utilisation souhaitée, de l’esthétique, parfois de la taille du client. Le second correspond au montage, et du groupe que nous allons monter sur le vélo. Le troisième volet, c’est la peinture. Avec les trois, nous allons pouvoir établir le vrai devis. Le client repart avec, ainsi que son étude posturale, et notre contact bien sûr en vue de l’aboutissement du projet. Lorsque le client a déjà fait l’effort de se déplacer, le taux de conversion est très élevé. De l’ordre de 90%.

L’exigence Cyfac à ton niveau ?

L’exigence Cyfac à mon niveau, je dirais sans trop vous surprendre que c’est l’écoute du client, en évitant les préjugés. Si tu arrives à capter ce qui est important pour lui, c’est gagné. Il faut donc à la fois être très attentif, poser les bonnes questions, être assez didactiques pour des personnes peu techniques. Il faut aussi savoir mettre en valeur le savoir-faire des artisans. C’est ça qui nous permet de justifier nos tarifs. Si le client essaye de négocier, il faut être capable de lui expliquer pourquoi ça n’est pas possible. Que nos artisans travaillent ici, à La Fuye. Que c’est du travail manuel. Que ce sont quasiment tous des artistes. Que nous pouvons presque tout faire. L’étude posturale elle-même est facturée, quelle que soit l’issue du processus, que le client valide ou non le devis.

 

Ta plus grande fierté chez Cyfac ?

Ma plus grande fierté jusqu’ici, c’est d’avoir contribué à redonner de la visibilité à Cyfac et à structurer ma partie du process. En arrivant, j’ai eu l’impression d’entrer dans une entreprise avec du savoir-faire, mais moyennement organisée. Aujourd’hui, je peux dire qu’on a sacrément progressé !

 

Ton prochain défi avec Cyfac ?

Pour le lancement de “Painted by Cyfac”, on a établi une grille de tarifs hyper facile à lire pour le client, qui lui permet de savoir combien exactement va lui coûter de faire repeindre son vélo. Avant, lorsqu’il nous appelait pour demander un tarif, notre réponse était souvent approximative. Aujourd’hui, c’est clair et précis, et on sait justifier nos tarifs. On est en train de mettre sur pieds la même chose pour les réparations. Et puis, j’espère qu’on aura le temps et les moyens de travailler un jour sur un nouveau bâtiment, plus confortable pour l’accueil des clients, tout en gardant notre authenticité car c’est aussi ce que recherchent nos clients.