PORTRAIT CYFAC – MARC BERTRAND

15 Mai. 2020

Catégorie : Portraits

Cadreur carbone

Chez Cyfac depuis 2006

 

Le vélo et toi

Je suis l’un des rares chez Cyfac à ne pas faire du tout de vélo et pourtant j’en fabrique tous les jours.

 

Ton histoire avant et chez Cyfac

J’ai fait un BEP, avant d’enchaîner sur un bac professionnel en mise en oeuvre des matériaux, option composite. Ensuite j’ai travaillé en plasturgie pendant sept ans, puis un peu d’intérim avec des missions assez variées, et enfin Cyfac…

 

Ton rôle dans la production

Au départ, je ne m’occupais que de l’aspect carbone et de la solidification du cadre. Le cadrage en lui-même était fait par quelqu’un d’autre. C’est au fil du temps que j’ai commencé à m’occuper aussi cadrage. Aujourd’hui, je suis responsable de la filière carbone : je démarre sur un vélo qui n’existe pas, et je livre à la peinture un vélo quasiment utilisable.

 

 

Ta mission en détail

Je reçois le plan de Fabien, qui contient toutes les informations techniques dont je vais avoir besoin pour fabriquer le cadre. Y sont listés tous les équipements qui vont être posés sur le vélo : le type de douille, les types de tubes, les freins, pattes, passages de roues, etc. Je commence par la découpe des tubes qui se fait face à un mur aspirant, de manière à ne pas inhaler la poussière de résine qui est très dangereuse. Ensuite, j’assemble les tubes, et je positionne les éléments en aluminium : la boite de pédalier, la bague au niveau de la douille, éventuellement les pattes.

Une fois le cadre entièrement assemblé, je pose une colle qui va sécher jusqu’au lendemain. J’emmène alors le vélo sur le marbre de contrôle, pour vérifier qu’il n’y a pas de déformation linéaire du cadre. Je mets les roues pour vérifier que le passage se fait bien, et je contrôle que tous les éléments vont pouvoir être montés. Ça demande évidemment de la rigueur, et la culture chez Cyfac c’est de contrôler plutôt deux fois qu’une. En cas de déformation, je chauffe la colle pour redonner de la souplesse au cadre afin de le repositionner. Cette phase d’assemblage représente une heure et demie de travail en moyenne sur un vélo solo, le double sur un tandem, mais suivant les équipements on peut passer sur des temps beaucoup plus importants, avec les freins à disques  notamment, surtout lorsque les clients ont des demandes spéciales.

Je refais un contrôle, pour redresser le cas échéant. Je monter les freins, une roue, le pédalier, pour vérifier que rien ne frotte. Je lime pour éviter les creux et adoucir toutes les liaisons. Ensuite, on passe à la stratification.

L’étape de stratification consiste à renforcer le cadre à l’aide de tissus positionnés aux endroits clés et recouverts de résine, pour raffermir le cadre et le sauver en cas de problème. Le choix de la trame, le type de fibre et de la résine va varier selon les besoins, en fonction du type de vélo, du profil du client et de l’accent qu’on va vouloir mettre sur la légèreté ou la solidité. On va même rajouter des bandes de renfort en Kevlar qui vont encore renforcer l’ensemble. En général, la phase de stratification me prend encore une heure. Au final, en tenant compte des temps de séchage et de nettoyage, je passe à peu près trente-cinq heures sur un vélo, sachant que je fabrique plusieurs vélos en parallèle.

La dernière opération consiste à tout poncer, à la main, pour enlever toutes les résines et tous les vernis, éliminer tous les petits bourrelets éventuels et arriver directement sur la fibre. On passe alors une autre résine sur tout le cadre : le glaçage. Dernier ponçage pour éliminer les dernières bosses, à la main et à la machine. Deux heures au moins. Ensuite, je fais tous les perçages pour le passage des câbles, électriques ou mécaniques, les inserts portes-bidon, la petite fente pour le collier, l’évacuation d’eau, le positionnement du tunnel sous boite, tous les accessoires qui vont être ajoutés au cadre.

Derniers contrôles et le tout est prêt pour être envoyé en peinture.

 

L’exigence Cyfac à ton niveau

“Sur le carbone, on a cette spécificité de faire du sur-mesure, ce qui est peu courant sur du carbone. Avec un process très différent des grandes marques qui, elles, travaillent avec des moules. Nous, on travaille avec des tubes de carbone, jusqu’à ce qu’on fabrique nos propres tubes ce qui viendra sans doute un jour. Pour répondre à la question, étant de formation un technicien des matériaux composites, j’ai l’avantage que mes choix techniques sont raisonnés, par rapport à certains artisans qui n’ont pas le même cursus et peuvent manquer de support technique.

 

Ta plus grande fierté chez Cyfac

Je pense souvent à certains clients pour lesquels on s’est vraiment creusé la tête. De les satisfaire c’est toujours gratifiant.

 

Ton prochain défi avec Cyfac

Le jour où l’on fabriquera nos propres tubes…